Thursday, May 5, 2011

Réserve de Dana

Durant notre voyage, nous avons eu l’occasion de passer un jour et deux nuits dans la réserve naturelle de Dana. Celle-ci s’étend sur près de 320 km2 au sud-ouest du pays. Le point culminant de celle-ci se trouve à 1500 mètres d’altitude sur le plateau à proximité de Quadesiyya pour redescendre jusqu’à la vallée du Rift jordanien. Le paysage que nous avons pu voir était donc montagneux, les pentes étaient couvertes d’une végétation composée d’herbes et de quelques buissons adaptés au climat sec et chaud. Le relief a été sculpté dans le grès par le vent et l’eau. Au fond des différents vallons composant la réserve on retrouve des wadis (vallées) alimentés en eaux uniquement lors d’épisodes pluvieux et où la végétation est plus abondante.

Figure 1: Carte de la réserve naturelle de Dana, source RSCN

La réserve est surplombée par le village de Dana. Notre hôtel était situé dans ce village qui est composé de maisons en pierre, dont la majorité est en ruine, vestige du départ des habitants il y a quelques dizaines d’années. Les seuls signes de vie dans ce village sont les deux ou trois hôtels situés dans d’anciennes maisons rénovées et les quelques habitants. Le village était donc très calme et loin du tourisme de masse.

Nous sommes arrivés à Dana lundi en début de soirée. Après avoir pris possession de nos tentes, et respectivement des chambres pour nos camarades féminines, nous avons pu goûter à un repas jordanien. La soirée se poursuivit au son de la musique locale autour d’un thé.

Le lendemain, après le petit déjeuner, nous sommes allés à la découverte des hauts de la réserve de Dana accompagnés d’un guide local. Nous avons pu voir un système d’acheminement d’eau (sorte de bisses locaux) qui permet le transfert du précieux liquide sur plusieurs kilomètres depuis les sources montagneuses jusqu’aux secteurs demandeurs (villages, culture, etc.). Notre guide nous a aussi montré des cavités creusées naturellement dans la roche pouvant servir d’abris ou de tombes… Après avoir observé la végétation locale ainsi que de nombreux oiseaux, débusqué quelques scorpions (« deathstalker ») et entendu les échos créés par les cris du guide, nous avons pu profiter du paysage à l’ombre d’un arbre, autour d’un thé agrémenté d’herbes typiques. Pendant cette visite, nous avons pu remarquer que la notion de réserve naturelle est un peu différente de ce qu’elle est en Suisse. Les bouteilles en PET et autres déchets étaient parfois présents dans les zones de repos et le guide n’a pas hésité à écraser sa cigarette sur un caillou, laissant le mégot derrière lui... Mais ces endroits restaient très localisés et la beauté des paysages n’était que très peu affectée par cela.

Dans l’après-midi, une partie de la classe a choisi de se promener dans la réserve pendant que le reste profitait des alentours du pittoresque village de Dana. Durant la descente, il nous a été possible d’observer, entre autres oiseaux, des vautours fauves. Une fois arrivés dans la partie basse de la réserve, nous avons trouvé un arbre qui se prêtait parfaitement au partage d’un petit repas. Au pied de celui-ci, dans le wadi, un de nos camarades trouva une pierre sphérique aux cristaux apparents et il entreprit de la casser. Après quelques tentatives musclées, voire rustiques… il arriva à ses fins et la pierre s’avéra en fait être une magnifique géode. L’effort fût donc récompensé!

Une fois remis de cette découverte et rassasiés, nous entreprîmes de remonter en passant non plus par le chemin, mais par l’intérieur d’un wadi. Nous avons pu y observer de nombreux lauriers roses en fleur et d’autres espèces buissonnantes. Parfois la végétation y était suffisamment dense pour que la progression en soit plus technique, car le wadi se trouve à l’intérieur d’un étroit canyon de plusieurs mètres de profondeur. De plus, la faune ne fût pas en reste : nous y avons observé de nombreux mille-pattes géants (plus de 15 cm), une araignée loup et un gecko. Dans les surplombs du canyon, certains d’entre nous purent observer, à proximité d’un terrier, les traces de pas d’un petit félin. Une fois sorti du canyon, nous avons entamé la longue et raide remontée vers le village de Dana soleil couchant dans le dos.

Après le repas, une partie de la classe profita de la présence de musiciens locaux pour s’essayer à la danse traditionnelle locale tandis qu’une autre partie profita de l’obscurité pour observer les étoiles filantes.

La visite de la réserve de Dana fut donc une expérience enrichissante sur le plan humain et sur le plan environnemental. Nous en sommes repartis grandement satisfait, avec des images de paysages grandioses plein la tête, et ce, bien que le caracal - félin emblématique de la famille des lynx - n’ait pas daigné nous montrer les pinceaux de ses oreilles.

Guillaume Bonnaud, Michaël Rusconi et Alexandre Gilloz

Pour plus d’informations sur la réserve de Dana :
The Royal Society for the Conservation of Nature

Ecologie et Nature en Jordanie
Article du blog sur les oiseaux en Jordanie

Les oiseaux de Jordanie

À peine arrivés à Amman, la première espèce observée est la Tourterelle maillée. Cette dernière remplace la Tourterelle turque que l’on rencontre chez nous dans tous les habitats, de la ville au canyon le plus profond. Les deux jours passés à Amman ne sont pas destinés à l’ornithologie, mais dès que l’on s’écarte du centre ville, par exemple à la citadelle, on se rend compte du potentiel de la région. En effet, Huppe fasciée, Pie-grièche masquée ainsi que Cochevis huppé se laissent facilement observer.

Le désert au nord-ouest d’Amman, siège des châteaux du désert, abrite probablement des espèces très particulières, comme le Traquet du basalte, sous-espèce du Traquet deuil endémique du désert basaltique jordano-syrien. Toutefois, le trajet en car ne nous permet pas de prospecter les lieux, et c’est autour des constructions qu’il faut chercher les passereaux migrateurs. Il s’avérera néanmoins que les quelques buissons présents autour de Qasr Amro sont très intéressants pour les migrateurs insectivores tels que les fauvettes. C’est également ici qu’on observera le premier Agrobate roux du voyage, avec son comportement typique composé d’une alternance de hochement de queue et d’ouverture des ailes.

La réserve d’Azraq, vestige d’une immense oasis, abrite encore une avifaune variée, bien que sa surface soit réduite. Guêpiers d’Europe et de Perse animent le ciel, tandis que diverses espèces de hérons se trouvent au bord des étangs. Une Marouette poussin se laisse magnifiquement observer pour notre plus grande joie, de même qu’un Martin-pêcheur d’Europe. Une Sterne pierregarin est présente, ce qui est étonnant au vu de la petite taille du marais au milieu de l’étendue désertique.

Dans la vallée du Jourdain, la végétation est plus abondante et l’avifaune change en conséquence. Premièrement, quelques rapaces, malheureusement trop loin pour être identifiés, profitent des ascendances le long des versant pour migrer. Puis dans les cultures, c’est la première observation du magnifique Souimanga de Palestine, dont le mâle présente d’éclatants reflets verts et violet. Ce pseudo-colibri sera observé ensuite dans presque tous les endroits à végétation buissonnante.

La route menant de la Mer Morte à Madaba nous mène pour la première fois dans un univers pierreux, quasiment lunaire. La vitesse réduite du bus due à la forte pente permet une bonne observation de Chevêche d’Athénaz, une petite chouette, ainsi que d’un mâle de Monticole bleu.

A Dana, nous voici en pleine nature. La présence d’eau, particulièrement sur les hauts de la vallée, permet à une végétation importante de se développer. On trouve alors des espèces typiques de chez nous telles que Coucou gris, Merle noir, Fauvette à tête noire, etc… Mais la vallée escarpée présente également des zones plus sèches qui abritent des espèces beaucoup plus particulières : Ammomane isabelline, Alouette bilophe, Traquets de Finsch, deuil et oreillard, Moineau soulcie, Bruant cendrillard,… Les immenses falaises sont appréciées par les rapaces qui y trouvent des ascendances : Buses des steppes en nombre, mais aussi environ huit Vautours fauves et surtout un Aigle de Bonelli qui nous fera un superbe passage en fin de journée. Le guide possède une technique bien particulière pour observer les Perdrix choukar cachées dans la falaise en contrebas : il saisit une pierre d’environ 20 cm de diamètre, et la jette en bas dans un énorme fracas. Toutes les Perdrix s’envolent à grand bruit pour se cacher plus loin. Le matin même, j’avais pu observer ces mêmes perdrix en train de chanter dans un pierrier, avec simplement un peu de patience. A chacun sa méthode…

Le site de Petra est ornithologiquement réputé pour le Roselin du Sinai. On pourra en effet observer à loisir ce joli passereau rose vif dans les magnifiques gorges de l’ancienne cité nabatéenne. C’est également ici que l’on observe le plus important flux de rapaces migrateurs du voyage, probablement des Bondrées apivores en grande partie. La Jordanie et Israël figurent en effet parmi les meilleurs sites d’Europe pour la migration des rapaces en route pour l’Europe et la Russie.

Le désert du Wadi Rum abrite moins d’espèces, mais elles n’en sont pas moins remarquables. Le Traquet à tête blanche est endémique des déserts montagneux, tandis que la minuscule Dromoïque du désert hante par petits groupes les bosquets de tamaris. Quelques Corbeaux bruns surveillent la plaine en planant.

Au final, le voyage s’avère une réussite également au niveau ornithologique. Plus de 80 espèces ont pu être observées, montrant un petit aperçu du potentiel avifaunistique du pays. Une visite sur la côte de la Mer Rouge et des fameux étangs d’épuration (!) d’Aquaba ainsi qu’une meilleure prospection du désert permettraient d’observer encore plus d’espèces, mais là n’était pas le but du voyage…

Cédric Pochelon, jamais sans ses jumelles !

Le trafic en Jordanie

La Jordanie a été un vrai dépaysement. De par ses paysages, ses coutumes, ses habitants mais aussi par sa circulation dans les villes. En effet, les panneaux de priorités sont peu respectés. Passe en premier celui qui s’impose. Les conducteurs s’accumulent dans les carrefours lorsque le trafic est bloqué. Les gens n’hésitent pas à se garer en double file, ce qui nous a valu de rester bloquer avec le car dans une rue de Karak. Les dépassements par la droite et les queues de poisson finissent par ne plus nous étonner. Les champions dans cette catégorie sont les taxis. Ils n’hésitent pas à couper la route aux autres véhicules pour un client, allant jusqu'à reculer dans les ronds points. Parfois les routes sont démunies de marquage au sol. On ne trouve pas de pistes cyclables. Ni de vélo d’ailleurs. Ceux qui ont de bons yeux arriveront peut être à deviner un passage piéton de temps en temps.

Bref, de quoi hérisser les cheveux d’un lausannois habitué à la conduite suisse. Cependant, dans ces rues qui semblent chaotiques, le trafic est plutôt fluide. La régulation se fait au son des klaxons et de signes de la main. Parfois même, on croise un agent de circulation que l’on reconnait grâce à la pointe sur leurs casques. Finalement, on trouve un certain charme à tout ça. Les klaxons résonnent et égaient la ville et la communication entre les acteurs de la route est permanente et joviale.

Jeanne Ythier

Pétra

Petra, mercredi après-midi



A peine s’écarte-t-on des sentiers principaux que déjà Petra prend une autre dimension. Fini les nombreux touristes, les tours à dos d’ânes ou de dromadaires, les souvenirs à quelques dinars. Le long du Wadi Siyagh, entre deux rangées de lauriers en fleurs, je n’entends plus que mes pas. Je peux lever ma tête dans n’importe quelle direction, à chaque fois je serais face à une vue à peine croyable. Non seulement les maisons creusées à l’intérieur des parois sont preuves de l’ingéniosité des habitants de l’époque, mais surtout la roche même offre une variation de tons et de couleurs que l’homme n’aurait pu créer.


Un peu plus loin, sur une terrasse naturelle en contrehaut, des bédouins sont assis entourés par leurs chèvres et leurs poules. Un bref « Salam Aleikoum » et me voilà déjà à leurs côtés en train de boire le thé. Il est très doux car c’est là la seule forme de sucre qu’ils mangent. Je les écoute parler, essaie de comprendre ce qui se passe, mais finalement je me laisse aller à l’ivresse du moment. Les présentations faites, je suis invité à passer la nuit avec eux et même à marier une femme qui cherche un compagnon… grands rires malgré le manque de mot en commun! Mais il y a un programme à suivre, alors la nuit dans les habitations troglodytes de Petra se fera une autre fois… Insha’Allah.


Petra, jeudi matin

Réveil à l’aurore pour profiter du lever du soleil sur le site magistral de Petra. Pour avoir une vue imprenable sur le trésor, nous devons passer par un long chemin parsemé de centaines de marches. Il est encore tôt, mais la chaleur est déjà bien présente. Dans le silence de la montée, une petite musique venant du bas de la montagne se fait entendre. Un homme monte sereinement les marches assis sur son cheval. Il alterne entre sa petite flûte traditionnelle et sa voix qui résonne entre les hautes parois de grès. Habillé en noir, il nous dépasse tranquillement et nous voyons sa silhouette se défaire des roches rougies par le soleil matinal avec un contraste saisissant. Arrivé en haut, il descend de sa monture et marche jusqu’au bord des falaises d’où il observe paisiblement son royaume. Cette rencontre éphémère semble hors du temps. Ses ancêtres ont certainement monté ces marches de la même manière il y a cent ans ou peut-être même mille ans. Avec le même son de flûte, avec les mêmes chants, avec la même élégance. Le rêve se poursuit un peu plus loin lorsque nous atteignons enfin notre but, la falaise qui nous permet de voir en surplomb le Khazneh. Le spectacle est fabuleux, nous restons plusieurs minutes silencieux, comme si nous étions les premiers à le découvrir. S’il n’avait pas fallu repartir, nous y serions toujours !

Camille Orthlieb et Sébastien Kramer

Les prix en Jordanie

Nous avons fait, pour ce petit article, une liste de prix et salaires actuellement pratiqué en Jordanie. Il est en effet toujours intéressant, pour ce faire une idée d’un pays, de connaître la situation économique. Les données indiquées ci-dessous sont le résumé des discussions avec les guides, amis et autres personnes rencontrées sur place. Nous avons aussi tenu compte des différents prix qu’ont payé les participants de ce voyage, lors de leurs achats. Le taux de change était d’environ 1Euro pour 1 Dinar jordanien (JD). Nous vous souhaitons bien du plaisir lors de la lecture de ces quelques chiffres :

Salaires :

Chauffeur de car :

200 JD/mois (par ex : notre chauffeur)

Chauffeur de taxi :

800 JD/mois (si le taxi lui appartient)

300 JD/mois (s'il loue le taxi, environ 20 JD/jour)

Serveur

200 – 300 JD/mois (environ 11JD/jour)

Chauffeur de voiture privée + guide non-officiel (père d’un de nos guides) : 1500 JD/mois

Guide officiel (présents sur les sites touristiques) :

Parlant anglais : 70 JD/jour

Parlant français : 100 JD/jour

Parlant chinois : 200 JD/jour

Guide non-officiel : 400 JD/mois (comme les guides qui nous suivaient durant notre voyage).

Pour devenir guide officiel, un des meilleurs jobs en Jordanie, il faut faire une école spéciale pendant une année. Les frais d’inscriptions sont de 1500 JD. On y apprend, en arabe, l’histoire du pays et des différents sites touristiques. Ensuite, les guides doivent connaître ces informations pour les touristes, dans la deuxième langue maitrisée.

Ensuite, être guide a un autre avantage. Il est convenu avec les restaurants et boutiques que les guides reçoivent 2 JD par client du restaurent et 35% de la valeur des achats dans les magasins de souvenirs. Donc, suivant la taille du groupe et la quantité des achats, cette « combine » gonfle encore le salaire des guides.


Loyers et immobilier :

Loyer moyen dans le vieux Amman : 100 – 120 JD/mois

Prix moyen d’un apparentement dans le vieux Amman : 25 000 JD

Prix moyen d’un appartement dans le nouveau Amman : 60 000 JD

Prix moyen d’un appartement dans les quartiers chic : 200 000 JD

Biens de consommation :

Thé dans un bistrot : 0.8 – 1 JD (contre 0.2 JD il y a cinq ans)

Bouteille d’eau 1.5 l : 1 JD

Menu au Mc Donald : 4 JD

Sandwich dans la rue : 0.5 JD

1 Kg dattes/figues séchées : 3 JD

Melon : 0.25 JD

Repas au restaurent : 4 – 5 JD

Paquet de cigarettes : 2 JD

Bouteille d’Arak 1l (alcool fort) : 8 JD

Chicha dans un bar : 2 – 3 JD

Pâtisseries artisanales : 8 JD/kg

Biscuits artisanaux : 3.5 JD

Foulard 3 – 5 JD

Autre

Taxi : 2 – 3 JD (pour 20 – 30 minutes dans Amman)

Litre d’essence : 0.6 JD

Entrée de Petra : 50 JD

Hôpital : 150 JD (pour cheville cassée, consultation du médecin + plâtre)

TVA : 16%

Thomas Dols

Jordanie, Terre de contrastes

Différentes discussions et observations avec les jeunes Jordaniens nous ont amenées à une réflexion quant au cadre sociétal dans lequel ils évoluent. Autour d'un thé et d'un Narghilé, Zak nous fait part des contraintes dans la vie amoureuse d'un jeune Hachémite. Le poids des traditions est en décalage avec le modèle occidental de liberté auquel certains aspirent. En effet Zak nous explique que si avoir une amie est tolérable, l'union libre est inimaginable. En est témoin un de ces amis que la police à dû protéger de la famille de sa petite amie, enceinte alors qu'ils n'étaient pas mariés. Le mariage est donc un passage obligé pour légitimer toute union et ce n'est pas mince affaire: pour un mariage modeste, compter entre 4000 et 5000 JOD (eq. €) de dot sous forme de bijoux en or. Il faut de surcroit avoir une voiture, une maison et une bonne situation. À cela viennent s'ajouter les voyages successifs lors desquels les familles se rendent visite, les fêtes (hommes et femmes séparés)... Ces dépenses se posent comme un obstacle pour nombre de Jordaniens : pour exemple, Zak gagne 120 JOD par mois en travaillant 15 h par jour avec 4 jours de repos par mois, bien que titulaire d'un Master en littérature anglophone: le mariage et les enfants apparaissent comme un rêve bien lointain dans ces conditions, même si sa relation est acceptée par sa famille comme par celle de son amie.


Cette rencontre et d'autres observations plus générales laissent à penser que le système socio-politique jordanien, relativement rigide et ne laissant que peu de place à la liberté et à l'expression individuelles, est remis en question. En tous cas par une part grandissante de la population, notamment la plus jeune, qui a accès à une part d'information venant d'occident (malgré les sévères restrictions aux libertés de presse et d'expression) et par qui certaines images de ce système se diffusent. Et même si ce dernier est reçu avec un sens critique certain et est également mis en question, nul doute qu'il contribue à faire germer des idées et envies d'une autre organisation de la politique jordanienne, et surtout à l'évolution des mentalités et comportements.


Félix Burnand, Florian Faure

Wadi Rum

Peu de paysages sont aussi marquants que celui du Wadi Rum. Ce désert parsemé d’immenses formations rocheuses a quelque chose de martien dans son apparence. Le sol est un mariage subtil de sable fin et de rocaille qui forme une texture allant du jaune au rouge. Le jour, le ciel bleu produit un contraste parfait avec le terrain orange ; ici la nature respecte la complémentarité des couleurs mieux que n’importe quel peintre. De par leur taille, les nombreuses collines rocheuses imposent le respect. En même temps, leur structure irrégulière, pleine de rugosité, est une irrésistible invitation à l’escalade. Quelques minutes suffisent à atteindre le sommet et découvrir l’étendue du désert. La vue est époustouflante, les regards se figent. Le silence. Le flot des pensées est interrompu et, pendant un instant, il n’y a que la clarté, que le présent, que le Wadi Rum.

Le déclic de l’appareil photo vient interrompre le moment.

A la nuit tombée, le retour au campement, moment de partage et de détente avec les autres. Rien de tel qu’un thé chaud pour se désaltérer et délier les langues après cette journée. Puis l’heure du repas approche et là encore, la découverte est à son comble. Les Bédouins ont préparé un repas à base de poulet, légumes et patates qui a cuit à l’étuvé pendant près de 6h dans un baril enterré sous le sable. Délice pour les papilles et réjouissance sont de mises. Chants, aoud et derbouka rythment la danse.

Puis le générateur s’éteint et plonge le campement dans la lumière des lampes à huiles et des étoiles. Petit à petit, le sommeil arrive : certains décident de passer la nuit en dehors des tentes afin de profiter d’une première nuit dans le désert. La nuit sera agitée, le vent et le sable s’engouffrant dans les sacs de couchage, s’accaparant les moindres espace non protégés ; le petit-déjeuner fut croustillant.

Aurélie Schenk, Matthiew Parkan et Antoine Fredericq

Kérak

Depuis le port d'Aqaba, notre route descend doucement (hé oui !) à travers le Rift jusqu'aux rives blanches de la mer Morte. Après plusieurs heures de route le petit bus s'attaque avec courage aux contreforts du plateau Jordanien. C'est en négociant avec prudence un virage que la forteresse de Kérak nous apparaît au soleil de l'après-midi. Dissimulant la ville s'étendant de l'autre côté du promontoire, plus à l'Est et au Nord, les murailles massives semblent avoir méprisé le cours du temps et règnent encore sur une belle vallée verdoyante. Une première halte permet de découvrir la ville, au climat sensiblement plus frais, avec ses marchés de fruits ou d'épices, et l'incontournable dégustation du mansaf, dont Kérak est la capitale.


Histoire de la forteresse

En 1099, les armées européennes de la 1e croisade prennent Jérusalem, dont le nouveau Royaume fera partie des Etats latins d'Orient. A cette époque, les puissances musulmanes d'Egypte et de Syrie sont régulièrement en guerre, ce qui profite à l'expansion du Royaume franc de Jérusalem, parfois vu comme un allié potentiel. C'est ainsi que la construction de la forteresse de Kérak débute vers 1140. Les pierres taillées à la va-vite ou l'absence de joint témoignent de la hâte qu'avaient les Francs de sécuriser la région de l'Outre-Jourdain, passage clé pour les caravanes entre la Syrie et l'Egypte.

Le château sera à plusieurs reprises le théâtre de l'affrontement entre les grands personnages de l'époque: Saladin, dirigeant Syrien et Egyptien, qui travaillera toute sa vie à l'unification des puissances musulmanes dans le but de reprendre les territoires Latins, Baudoin IV, roi de Jérusalem, adolescent, lépreux et pourtant d'une détermination légendaire jusqu'à sa mort annoncée, et surtout Renaud de Châtillon, arrogant seigneur de Kérak, grand guerrier et médiocre dirigeant, défiant autant Saladin que son roi du haut de sa citadelle. Plus brigand que gouverneur, ses attaques en temps de paix et ses initiatives hasardeuses attireront la colère de Saladin et plusieurs sièges épiques de la forteresse, et précipiteront la fin du Royaume. Le château tombera aux mains de Saladin encore deux ans après la prise de Jérusalem, et sera moins utilisé par la suite.

L'histoire du château témoigne de la richesse historique de la région, du contact et des échanges qui ont eu lieu entre différentes civilisations en marge des conflits. On retrouve des escaliers de style arabe, des arches européennes, des voûtes byzantines...
A peine passé le pont et l'entrée de la citadelle, le regard s'envole par-dessus les créneaux, vers la vallée, vers la plaine et la mer Morte puis les collines d'Israël et de Cisjordanie, d'où l'on pouvait voir les feux d'alerte du château. L'horizon et le vent venant battre la muraille permet au site de conserver toute sa grandeur. Si les bâtiments les plus hauts sont aujourd'hui en ruines, la constitution très massive du château, épousant le rocher, a permis de conserver sa forme générale, les cours, les escaliers et de nombreuses galeries, et l'on s'immerge facilement dans ces vieilles pierres qui n'ont pas perdu leur majesté. On prend plaisir à se perdre dans les escaliers obscurs et les galeries aux nombreux jeux de lumière, à imaginer les banquets ou les conseils se tenant sous ces voûtes. Avant de repartir de cette dernière étape en Jordanie, un dernier passage sur les sommets venteux du site, une dernière bouffée d'horizon dans ce petit pays qui décidément fait tout en grand.

Thibaut Lachaut

Un voyage magnifique

Après plusieurs mois de préparation nous sommes finalement partis en Jordanie... et déjà de retour ! Deux semaines dans un pays magnifique, dans lequel nous avons pu découvrir de nombreux sites, allant de réserves naturelles à des sites historiques sans oublier les villes. Plusieurs visites et présentations concernant l'environnement nous ont permis de mieux comprendre les problèmes auxquels la Jordanie doit faire face, dont notamment l'accès à l'eau.

Afin de partager cette expérience, ce blog s'étoffera les prochains jours de nombreux articles couvrant autant les visites effectuées sur place que des sujets plus généraux.

Je profite de remercier encore une fois, au nom de la classe, l'intégralité de nos sponsors pour leur soutien.

Bonne lecture !

Wednesday, April 20, 2011

J-1 : Départ imminent

Voilà, nous y sommes. Nous l'attendions depuis longtemps et déjà le 21 avril frappe à notre porte. Demain, 35 étudiants et 3 accompagnants s'envoleront pour découvrir la Jordanie et les multiples richesses qu'elle contient. Le programme de ces 12 jours est disponible sur le lien suivant : Programme-Jordanie

Durant les dernières semaines, nous avons reçu plusieurs soutiens financiers d'entreprises. Nous tenons d'ores et déjà à remercier sincèrement tous ces partenaires pour leur générosité ! Ceux-ci apparaissent dans la colonne à droite de notre blog.

Dès notre retour, de nombreux articles concernant l'environnement, la culture, la faune ainsi que d'autres aspects de la Jordanie seront publiés sur ce blog. Venez découvrir ces textes dès notre retour (disponibles dès le dimanche 8 mai).

A bientôt pour de nouvelles informations !

Monday, March 7, 2011

Préparation du voyage

Nous sommes actuellement en pleine préparation de notre voyage d'étude. Outre l'organisation du voyage avec notamment les visites sur place, nous sommes à la recherche active de partenaires souhaitant nous soutenir dans notre démarche.

Pour cela, nous avons établi un dossier de présentation de notre projet. Celui-ci peut être téléchargé en français ou en anglais.

En contre-partie d'un soutien financier, nous offrons une visibilité aux entreprises sur notre blog ainsi qu'une possibilité pour nos partenaires de rencontrer de futurs ingénieurs après notre retour lors de l'apéritif durant lequel nous présenterons notre voyage.

Vous avez des questions, n'hésitez pas à prendre contact avec nous par e-mail à l'adresse alain.foehn@epfl.ch

Par avance, merci de votre soutien !

Les SIE-Ma2

Tuesday, November 2, 2010

Où se trouve la Jordanie ?

La première question à laquelle il convient de répondre est de situer géographiquement la Jordanie.

Entourée à l'ouest par la Cisjordanie et Israël, au sud par l'Arabie Saoudite, à l'est par l'Irak et au nord par la Syrie, la Jordanie fait partie avec 14 autres pays de ce que l'on appelle le "berceau de l'humanité".

Voici une carte pour visualiser la région :

Bienvenue

Bonjour à tous,
Bienvenue sur le blog des SIE - Master 1 qui se rendront en Jordanie en avril 2011.
Ce blog se veut être une plateforme sur laquelle nous présenterons le résultat de nos visites sur place, avec évidemment un focus sur les problématiques environnementales de la Jordanie ainsi que ses richesses naturelles et culturelles.

Le site en est toutefois à ses débuts, merci de votre compréhension !

A bientôt pour plus d'informations !